Falbalas et coquetteries

Et que le jersey pur et souple rampe au corps Que j'adore, et non plus de tels falbalas discords ....(Verlaine / Elégies)

31.12.08

Moisson d'hiver

Quelques livres trouvés sous un Arbre de Noel et qui me feront quelques soirées.

'Syngué sabour’ ou ‘Pierre de patience’ d’Atiq Rahimi ; le Goncourt de l’année.
J’aurais, je crois, beaucoup de plaisir à découvrir ce roman.

melancolie

  • ‘Le détail’ de Daniel Arasse. Ce livre était épuisé et j’avais du me consoler en achetant l’édition de poche qui est très peu illustrée. Donc retrouver ce merveilleux livre en réédition est une excellente surprise. L’histoire de la peinture au travers de détails commentés par l’excellente plume de M. Arasse (décédé en 2003).

  • ‘Au fond de la peinture’ de Martine Lacas. Un livre sur un sujet rare : le fond –ou les fons- en peinture ; disséqués et commentés. Déplacer son regard du sujet principal vers la profondeur du tableau et y découvrir des éléments oubliés ou cachés.

  • ‘Mélancolie’ ou ‘génie et folie en Occident’ collectif sous la direction de Jean Clair. Son ‘Journal atrabilaire’ est une petite merveille que j’offre parfois à mes amis donc je ne devrais pas être trop déçue par ce pavé qui est le catalogue d’une exposition qui s’est déroulée au Grand Palais en 2006 sous ce thème particulier.

  • ‘D’art d’art’ de Marie-Isabelle et Frédéric Taddéï. La reprise des chroniques qu’il présente sur France 2 avec talent. Une minute 15 dédiée à l’art que j’apprécie toujours car Frédéric sait intéresser en pointant une peinture là où il faut ; que ce soit en décortiquant un petit détail, une anecdote ou en évoquant l’ensemble peint, le peintre. Efficace, court et intelligent.
    • Naturellement ce style de livres (hormis le Atiq Rahimi) ne se lit généralement pas d’une traite.
      Je les feuillète en totalité pour en appréhender le contenu, la trame et au gré de mon temps et de mes envies je lis quelques pages, picorant ici ou là, un savoir qui va me rendre meilleure.

      La situation de l'artiste est humble.
      [Piet Mondrian]

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      28.10.06

      Virtuose des mots

      bleu_canard

      Jeans bleu-noir Gap. Incontournable, passe-partout.

      Polo Petit-Bateau, mélange coton et soie.
      Détail qui me plait, l’encolure descend très bas et change l’aspect classique en aspect branché.

      La couleur est absolument délicieuse, bleu canard, rare….

      Boucles d’oreilles en argent et émail.

      Tenue idéale pour 'samedi shopping'.







      laurens1

      Chez Yuuna. Il fait chaud, malgré l’automne; conversations de filles, badinage…
      Sur sa table basse (un coffre… !) des livres et un titre me fait de l’œil « L’amour, roman » de Camille Laurens. Je prends, feuillette et je suis happée par ce que je parcours du regard. Une prose admirable.

      Elle me parle de ce livre commencé, du contenu... je sens que je dois très vite découvrir cet écrivain.
      Elle me parle de cet écrivain qui 'dit' dans ses histoires tout ce qu’on peut 'penser', nous, en ne sachant pas l’expliciter ; en ne pouvant pas, peut-être, car trop intériorisé, trop intime.
      En fouillant dans ma bibliothèque j’ai trouvé ‘Dans ces bras-là’  et j'ai pu le parcourir ; je suis cette femme étrange qui achète des monceaux de livres qu’elle garde dans ses étagères et qui finit par les lire un jour, mais souvent des mois ou des années après…01056677851
      J’ai choisi de commencer par ‘Cet absent-là’ et je suis bouleversée ; c’est un tout petit livre, presque une nouvelle, ponctuée par des photographies en noir et blanc de Rémi Vinet. Cela se lit en une heure, une heure ailleurs.
      Elle raconte l’absence (un de ces thèmes favoris…), l’absence et le désordre que cela engendre, elle évoque Philippe, son fils, son enfant qu’elle a perdu, elle dit la souffrance, la douleur mais aussi le lumineux espoir, la vie, le désir, évidement l’amour…
      Camille Laurens est l’écrivain de la vie, la vôtre, la mienne, la sienne….c’est généreux, intime et éveille en nous le familier.

      "A partir de là, tout va très vite. Je regarde à mon tour l'autre à qui je viens d'apparaître, je jette un regard, pour voir. Il porte un costume sombre et une chemise blanche, il est brun et pâle - beau -, il entre dans mon désir comme un souvenir revient. 'Leurs yeux se rencontrèrent', écrit Flaubert.
      L'amour est toujours à première vue, car si on n'aimait pas, on n'aurait rien vu. "

      [Camille Laurens] Cet absent-là

      En lisant Camille Laurens, on se lit 'soi', on se reconnaît dans ses mots ; ses histoires font passer l’intime vers la littérature, l’impudeur vers le style.
      Prose sensuelle, goût des mots, l’intelligence du sentiment, un ton libre. Prenez n’importe lequel de ses titres et plongez dans…

      L’écriture de l’intime.

      Posté par falbalas à 19:30 - coquetteries littéraires - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

      09.09.06

      Désir interdit

      rolf1

      Robe rêvée : vue en vitrine, coup de foudre absolu. Trop chère.
      Soldes et ma ‘carte bleue’ qui flambe. Il me la fallait absolument !!
      Robe Viktor & Rolf (créateurs hollandais ‘surréalistes’); viscose et soie. Comme tout ce qu’ils font, impossible à décrire. Tout est dans la coupe (quelle technique !), le basculement ‘étrange’, l’asymétrie (épaule, manche, jupe) poussée à son paroxysme et pourtant ‘juste’.

      detrolf







      Absolument ‘digne’ tant qu’on ne bouge pas les bras ; ce mouvement révèle le ‘vide’ à la taille, la surprise visuelle de la peau dans cet océan noir…


      tsongor2

      Deuxième roman de Laurent Gaudé ce récit raconte la vie de Tsongor, roi d’un royaume (africain?), qui fut rythmée par la guerre et sa soif de conquérir de nouveaux territoires. Il se pose enfin dans sa capitale, Massaba et souhaite marier sa fille Samilia à Kouame roi des Terres de Sel. On prépare la fête.
      Survient Sango Kerim le premier fiancé, le fiancé secret et enfantin ; il exige que la promesse ‘donnée’ soit réalisée.
      La guerre est inévitable entre les prétendants et Tsongor n’a d’autre possibilité que de mourir pour essayer de conserver son royaume en paix. Katalonga, ancien ennemi vaincu devenu son serviteur (porteur du tabouret d’or..) lui ‘promet’ une mort certaine le moment venu. Ce moment est arrivé.
      Souba plus jeune fils aura à accomplir une tâche de longue haleine : construire sept tombeaux qui seront des « facettes » du roi et lorsque le dernier sera érigé il devra y emporter le corps du roi et faire glisser la monnaie d’échange entre le monde des vivants et des morts.
      La guerre met en place deux clans royaux, deux armées qui finissent par ne plus savoir pour quoi et pour qui elles se battent, mais le font jusqu’au dernier, inexorablement.
      Samilia qui ne peut choisir vraiment, se range du coté de Sango Kerim le fiancé issu de l’enfance, elle choisit le passé et l’obéissance à sa promesse, et la nuit venue s’offre à Kouame, le prétendant ‘adulte’.
      Mais elle est avant tout une ‘femme de guerre’, maudite car ‘cause’.Samilia la « part sacrifiée » qui va devenir une ‘errante’ ; comme son frère Souba qui, sera avec elle, le seul survivant de cette tragédie.

      L’histoire de la déchéance d’un peuple, de l’humanité qui tâtonne, d'humains qui ne peuvent tirer enseignement de leurs ancêtres, de luttes qui jalonnent leur histoire. Ce roman est un conte épique, un drame antique, mais surtout une quête.
      Il pose le thème éternel de la tragédie, de mythes reconnaissables (Hélène, Troie..), mais aussi le thème de l’errance, du parcours initiatique, du chemin qui mène à la sagesse, et si l’on peut l’atteindre un jour…
      C’est aussi un roman qui énonce la transmission à ses proches, à ses enfants comme à ses lieutenants. Que laisse-t-on après nous ?? Cet homme qui n’a vécu que de guerres peut-t-il laisser autre chose que la guerre ? On doit s’interroger sur la folie meurtrière des hommes et leur vanité, sur le moteur  qui gouverne ‘encore aujourd’hui’ les rapports entre les hommes. La guerre au « prétexte futile », c’est l’image éternelle de la guerre et c'est tellement d'actualité!

      Une écriture cinématographique, le style peut paraitre parfois un peu pesant, mais l’écriture est flamboyante et imagée ; les personnages sont figés dans leur propre essence, stéréotypés, mais, je crois, que cela nous permet de nous concentrer sur leurs actions. Laurent Gaudé sait raconter des histoires puissantes, mettant en branle des univers chargés symboliquement.

      Moi j’ai embarqué…embarqué, dans ce conte sanglant pour adultes.

      Posté par falbalas à 15:30 - coquetteries littéraires - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

      24.07.06

      La contagion secrète…

      sr1Robe saharienne Sonia Rykiel, ton sable.
      Boutons dorés, surpiqures ton sur ton, effet de poches plaquées devant et aussi à l’arrière (très suggestif….).
      Sandales à talons compensés en cuir brun, sac Agnès B.
      Quelques bijoux et montre d’homme, question de dé-sophistiquer le vêtement.

      sr2











      pleiade01J’ai découvert le plaisir de lire certaines œuvres dans la collection Pléiade ; non pas parce que ce sont des éditions plus chères ou plus rares, mais surtout ‘fille de mon époque’ je ne connaissais que peu de livres reliés en cuir et la plupart de mes livres sont cartonnés.
      Lorsque le premier arriva entre mes mains, surprise et émerveillement. Un condensé de savoir dans ce papier extraordinaire, le bonheur de l’immatérialité de ce ‘bible’, le savoir ‘léger’…
      Ce ne sont que des classiques, des textes et des auteurs de référence donc bonne conscience…
      J’en achète entre trois et cinq par an, des auteurs variés : certains déjà connus et lus en partie et l’intérêt dans ce cas là réside dans le fait que l’édition est toujours ‘enrichie’, d’autres à découvrir et dont l’intérêt réside dans le plaisir de l’inconnu. Et aussi le plaisir d’avoir et de collectionner l’album de l’année (édition limitée) , une trouvaille commerciale prompte à me faire sortir mon chéquier.


      Bataille ou Sade en Pléiade cela vous à une autre allure qu’en Folio…lol !

      Posté par falbalas à 18:37 - coquetteries littéraires - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

      23.06.06

      Formules...

      mauvRobe déstructurée couleur ‘cardinal’ de Corinne Sarrut, mousseline en deux épaisseurs avec un effet d’applications sur le devant, bretelles simples, et un très léger effet de transparences sur le bas de la jupe. Dos fermé avec de petits boutons de nacre.
      Mules dans les tons de rose.
      Boucles d’oreilles longues Delphine Nardin, avec quelques pierres translucides. Cheveux lâchés.










      yokoJe n’ai jamais été attirée par la littérature asiatique jusqu’à ma rencontre fortuite, il y a quelques années, avec Yoko Ogawa (japonaise). J’ai lu quelques-uns de ses livres et c’est toujours la plongée dans un univers sensuel et menaçant, dans des histoires cruelles, initiatiques (sexualité, sacré, eau, mort..).
      Elle est la maître incontestée de l'étrange et de l’inconscient; ses romans sont basés sur le goût du morbide et la fascination du mal ; son écriture est poétique, précise, ses personnages se meuvent toujours à l’économie, leurs réactions sont évoquées et laissent au lecteur la place de la suggestion ou du rêve. Aucune solution, juste des allusions, la perception d’une histoire qui continue dans notre souvenir.
      Le dernier titre paru est ‘La formule préférée du professeur’, qui raconte le lien entre une aide ménagère (et son fils de dix ans) et son patron, un vieux mathématicien à la mémoire défaillante.
      Mais, je pense que son roman le plus marquant est ‘Hôtel Iris’, personnages pervers, une adolescente et son extrémisme inavouable pour le plaisir, un érotisme morbide, un vrai ‘choc des mots’ et surtout des émotions.

      Posté par falbalas à 08:44 - coquetteries littéraires - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

      11.06.06

      Dimanche à la plage...

      manuela2Robe beige, filet écru, passepoils type 'western', pressions, on peut se déshabiller et s'habiller rapidement: l'idéal pour un jour de plage.
      Dessous noirs.
      Panier de plage avec maillot noir et serviette très colorée...

      L'été est là et moi aussi.








      vallejoLe genre de livre que je n’aurais jamais lu si mon ‘club de lecture’ ne me l’avait pas proposé et qui une fois commencé se laisse lire et apprécier.
      Le voyage en Italie de trois philosophes (Diderot, Rousseau et Grimm), raconté par leur valet. C’est Lambert qui nous raconte les tenants et aboutissants, les péripéties de ce voyage avec beaucoup d’humour. Cela se passe au 18ème siècle et F. Vallejo reprend la forme et le style d’écriture de l’époque (pastiche ?!) d’une manière étonnante.
      J’ai pas mal ri et surtout souri.

      Posté par falbalas à 05:53 - coquetteries littéraires - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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