Il a insisté. Vraiment insisté pour qu’on aille voir l’exposition d’Heinrich Kühn (1866-1944) au Musée de l’Orangerie. Quelqu’un qui a une si jolie écharpe Paul Smith, aux rayures de tons doux, ne peut avoir que du (bon) gout.
Et puis il était prévu qu’on aille au Jeu de Paume. Alors, on a décidé Homme et moi, d’y faire un petit tour. Un passage obligé dans les magnifiques salles présentant deux séries de Nymphéas. S’immerger dans la couleur et s’apaiser. Un aquarium de teintes. Moment délicat.

Kuhn_vertDescendre et découvrir le fameux photographe. Qui m’était totalement inconnu avant que P. prononce son nom devant nous et nous en dise quelques mots élogieux. Ignorante béotienne!!!

Déambuler et avoir une vraie révélation. Au-delà d’une forme technique qu’il a poussée à son paroxysme, cet homme était un véritable poète de l’image. Il était d’une veine ‘pictorialiste’ considérant que la photographie était un Art. L’essentiel était dans la forme, la lumière et la recherche éperdue des gradations, des ‘valeurs’.

Quelques photos d’extérieur -des paysages- sont étonnantes car elles sont susceptibles d’être prises pour des peintures. Un travail singulier sur la couleur, le rendu du grain qui permet cet effet surprenant. D’une beauté à couper le souffle. Je me suis perdue pendant de logues minutes dans un paysage vert (et jaune et blanc...).
C’est vraiment un travail atmosphérique, presque ‘impressionniste’.

Kuhn_noir

D’autres séries, en noir et blanc, sont remarquables par leur composition.
Le sujet est souvent familial et je remarque avec effarement que pour avoir des images de cette qualité, de cette ‘sensibilité’ il a contraint ses enfants, sa femme et sa maitresse à de longues séances de pose.

Pour obtenir cet effet de masse(s) qu’il affectionnait, de contrastes violents.

Un moment passé dans le silence compassé de ces salles et qui m’a enrichi. D’émotions.