le jour

 

 



 

 

J’avoue que je connais très mal Odilon Redon. J’avais vaguement lu son nom dans mes nombreux livres sur l’art mais sans m’y intéresser vraiment.
Et puis voilà qu’il est partout : Paris et –plus près- Montpellier. Alors c’est l’occasion de découvrir ; mais comme je ne fais jamais les choses ‘comme les autres’ ou plutôt je les fais souvent à ‘ l’envers’ j’ai commencé par « Fontfroide ».

Odilon Redon était un ami intime de la famille Fayet (Béziers) et ils lui ont commandé quelques panneaux pour leur bibliothèque privée. Dans une abbaye. Celle de Fontfroide. Vous savez bien, ce siècle où les gens aisés invitaient des pianistes et des peintres pendant les mois de villégiature estivale à profiter de leurs ‘maisons’, qui dans ce cas précis est une habitation du XI siècle. A l’occasion de la mise en valeur de ce peintre au Musée Fabre on peut visiter exceptionnellement  cette pièce privée, par petits groupes et sur réservation.

Après avoir passé la journée à visiter ce domaine –privé et toujours dans la famille Fayet- on est accueillis par une excellente guide qui nous fait découvrir ces panneaux. Ce sont deux murs qui se font face et opposent deux thèmes : la nuit et le jour.
Une composition en triptyque avec des panneaux plus petits aux extrémités effectués en atelier parisien et précédant le travail in situ des panneaux centraux. Un travail très fin sur la symbolique du lieu.

Le panneau sur ‘Le Jour’ est l’image de la nature environnante, foisonnante et dure associée à ses personnages mythologiques récurrents et à une faune et flore  allégorique.

la nuitLe panneau ‘La Nuit’ est celui qui m’a le plus touché ; sans doute parce qu’il fait partie de ses fameux ‘noirs’ (il avait déjà quitté cette période mais voulait faire plaisir à M. Fayet qui les collectionnait). Des personnages, des figures, des anges, un monde foisonnant qu’on a envie de regarder longtemps tellement il est riche. Le panneau ‘parisien’ de droite de ce thème est peint dans des tonalités inhabituelles –chez ce peintre- dont un vert presque fluorescent associé à un rose pâle.

Il a exécuté trois autres petits panneaux qui se placent au-dessus de la porte et qui sont délicieusement peints avec  des fleurs. Le panneau central est un personnage nous intimant le silence par un geste que tous nous reconnaissons : l’indicateur sur les lèvres.

Le silence d’un moment exquis.

Nota : les photographies sont interdites