crash

Rendez-vous devant la salle de spectacles du Stade des Costières. Inhabituel et excitant. Durée : une demi-heure !
Après une courte attente, on entre dans une cathédrale de
noir velouté et on est  prié de choisir ses places : voiture ou bus.
Elles sont là, garées, face à une scène surélevée où l’on distingue à peine trois zones. Un  circuit de 'petites voitures' dont on ne voit que les phares dans l’obscurité atténuée, un lieu de repos –chaise, candélabre et la scène proprement dite voilée par des écrans.
Homme et moi on choisit le bus, c’est surélevé et cela me semble moins improbable que d’être enfermée avec deux inconnus.

C’est de la danse, c’est du théâtre, c’est de la musique, c’est de la vidéo. Une sorte de « spectacle total » qui vous ancre à votre siège par sa force inouïe, sa bestialité provocante!

C’est librement inspiré du livre de J.G. Ballard et Bruno Geslin –scénographie et mise en scène- signe là une œuvre extrême. Crash(s) ! Variations.

Lieu improbable, drive-in,  déchetterie ou ferrailleur, bord d’autoroute.
Trois personnages (
chair / humain) face -ou dans-  à une voiture (métal / société) et un vocabulaire dansé apocalyptique.
Habillés, puis déshabillés, nudité, peau mouillée, huilée. Le trio s’accouple, s’agglutine, se mélange ; évoquant parfois le monde aquatique : poulpe animé, parfois la peinture de la Renaissance : une piéta espérant son extase...
Violence et sexualité sur scène, inhabituel et saisissant.

D’un érotisme pornographique qui heurte –scène d’urolagnie, fessée, masturbation et évocation d’actes sexuels, d’une violence évidente - sons stridents ou lancinants d’une guitare live, l’affrontement entre technologie et individu(s) est poussé à son paroxysme. Tous nos sens sont éveillés, appelés. C’est corrosif, vibrionnant.

crash2La fin est terriblement perturbante : effet de nuage, visibilité réduite, un crash, un accident, un corps féminin qui sort de la voiture, imbibé de rouge, dégoulinant, nu et spectral. Un rire absurde, féminin et silence. Pépiements d’oiseaux.

Le public est transi, en attente du prochain événement qui ne vient pas. Personne n’ose bouger ou applaudir pendant quelques minutes. Enfin, on ose bouger, on part dans un silence surprenant.

La voiture comme métaphore sexuelle...