18.10.09
Helmut ?!.........
J’ai rêvé d’acheter le Sumo. Juste rêvé, car dès sa sortie, j’ai su que c’était totalement hors de ma portée.
Le Sumo c’est un choix de photographies en noir & blanc de Helmut Newton qui créent un « lieu » qui rassemble ce qui consume le photographe ; une certaine vue de l’érotisme, un arrêt sur images qui fige certaines expressions inédites. Œuvre faite en partenariat avec Taschen.
A l’époque ce genre de projet était totalement inédit et malgré la renommée du photographe c’était parier sur un livre pesant 36 kilos et qui serait livré avec un support adéquat !!! Un objet-livre.
Publié en 10 000 exemplaires signés et numérotés, cet ‘objet’ fut intégralement vendu peu après sa publication, sa valeur s’est rapidement multipliée et il est devenu le livre le plus cher du XXème siècle.
Dix ans après, l’éditeur Taschen, le sort en ‘édition de poche’.
De ‘poche’ c’est vite dit car il fait 6 kilos…. J !
J’aime l’univers sombre et érotique de Helmut Newton et ses portraits de personnalités sont magnifiques. On peut envisager que sont travail est légèrement daté mais cela ‘passe’ quand même. D’autant qu’il reflète un univers très « années 80 » qui semble revenir au galop en ces temps moroses.
J’ai acheté, avec plaisir, ce livre qui trône sur mon buffet ; le temps de faire fabriquer un lutrin qui permettra l’exposition dans des conditions parfaites.
Je sais que je tournerai les pages chaque jour et que ce sera le moment de découvrir un détail précis, une audace supplémentaire …
30.05.09
Deux oreilles et la queue...
Matin gris-soleil. Je dois aller au Géant faire de courses. Le hasard fait que je n’ai pas démarré la voiture et qu’on me propose d’aller voir la corrida de 11h00, comme ça au débotté. Allez hop ; je sors de ma vieille Opel grise et je me dirige illico chez moi chercher l’objet indispensable : un éventail !!
Deuxième rang. Je ne connais pas le programme, pas eu le temps de le regarder. Un homme à cheval. Elégant, mince, presque hautain : Pablo Hermosa de Mendoza. Je reconnais que j’aime infiniment voir les spectacles équestres [alors que j’ai une peur bleue des chevaux....], mais j’étais très loin de m’attendre à voir et apprécier ce que à quoi j’ai assisté.
Il danse avec son cheval, torée en faisant corps avec lui ; une maitrise absolue du terrain sableux. Plusieurs fois se trouve presque enfermé par le toro. S’en sort. Toujours. Avec le sourire. Les yeux pleins d’une joie altière.
Bonheur de spectatrice.
Il maitrise visiblement à merveille les magnifiques étalons qu’il chevauche et qu’il change selon le moment. Il fait 'un peu de spectacle', fait faire des pas et des figures à ses chevaux. Il cabotine. Je lui pardonne. Il est parfait. Il porte l’estocade et 15 secondes après, le taureau tombe. Deux oreilles.
Les deux autres toreros se suivent. C’est pesant et ennuyeux. J’attends avec impatiente le quatrième ‘bicho’.
Le ‘maestro’ entre sur son cheval et fait merveille. Encore plus juste. Danse avec le taureau. Lui parle presque à l’oreille. Il plante l’épée et 3 secondes (pas une de plus !!) après, l’animal s’effondre. Ovation. Deux oreilles et la queue.
Je ne suis pas sûre que ce soit du toréo ; c’est vraiment autre chose.
Pas du ‘spectacle’ au sens artistique et pas du toréo puro. Pas 'entre' mais ailleurs.
J’ai aimé. Beaucoup. Cet homme m’a captivée. Autrement qu’Espla (ma référence personnelle). Mais quand même….
J’irai au Géant Casino la semaine prochaine. Sans regrets.
26.05.09
La peau douce
Je regarde de moins en moins de films. La seule énergie qui me reste après ma journée de travail je la consacre à regarder vaguement les séries à la télé.
Après-midi trop chaude ; les hommes sont à la corrida et nous, les filles, paressons sur le canapé. Ana, ma copine brésilienne découvre la culture française et me propose de regarder « La peau douce » de François Truffaut qu’elle vient d’acheter en DVD.
Nous voilà alanguies regardant le film. Du noir et blanc. Françoise Dorléac et Jean Desailly.
Un homme marié qui tombe amoureux d’une hôtesse de l’air. La beauté et la culture qui s’aimantent. Il quitte sa femme pour elle. Elle le quitte à son tour le trouvant vieux et légèrement assommant. Sa femme découvre des photos et décide de le tuer. C’est mince. Mais Dieu que c’est beau !
Truffaut signe un film étrangement ‘sec’. Pas de pathos, des faits.
Des moments absolus : lors de l’atterrissage, derrière un rideau de séparation, elle change de chaussures. Erotisme.
Il est dans sa chambre, souhaite l’appeler après l’avoir croisée dans l’ascenseur. Eteint la lumière. L’appelle. Ils se retrouveront le lendemain. Apaisé il éclaire toutes les pièces de sa suite.
Il la couche, lui enlève ses bas après lui avoir enlevé avec délicatesse ses souliers. Torride.
Phrase à retenir: " Je l'aime pas assez pour le défendre" .
Il y a du bon à accueillir des étrangers, ils nous font redécouvrir ‘La nouvelle vague’.
Des bas couleur ‘zibeline’….
01.03.09
Le don en partage
Une première approche en show-case à la Fnac ; trois morceaux particulièrement enlevés et joyeux au piano et ‘caisse’. Beaucoup d’applaudissements. Deux jeunes frères : Harold et Ruy Adrian Lopez Nussa.
Harold a obtenu, en 2005, le prestigieux prix ‘Montreux’ et joue du piano, Ruy Adrian est percussionniste. Soirée au Théâtre ‘Ligier’.
Je suis, encore une fois, surprise par leur jeunesse et leur manque de star-attitude ; ils semblent heureux d’être là, de jouer, tout simplement. Trio avec Felipe Cabrera à la contrebasse.
Le rythme, des moments d’une grande beauté. Je suis portée par le ‘jeu’ sans effort apparent de Harold et celui éblouissant de présence, de son frère.
Ce qui me subjugue c’est avant tout leur complicité absolue ; d’un simple regard, d’un coin de l’œil ils se ‘parlent’ à travers la scène.
Ils ont commencé la musique à 8 ans et semblent y trouver un indéfectible plaisir qu’ils nous font partager. Quelques mots en espagnol pour nous remercier chaleureusement ; l’impression que nous les avons surpris en venant nombreux.
Deux frères simplement…..
07.02.09
Mujeres
Un samedi soir, spectacle de flamenco clôturant la semaine dédiée à cet art au théâtre de Nîmes.
Salle pleine à craquer ; j’ai eu des strapontins malgré mon abonnement.
"Mujeres": Trois femmes, trois générations, trois manières d’appréhender cette danse. Un spectacle époustouflant d’énergie concentrée, diversifié dans l’approche du flamenco. Chacune présente un solo entrecoupé de morceaux en duo. Le chant et l’accompagnement musical est ‘live’ et particulièrement excellent.
Merche Esmeralda est la plus classique, celle qui nous montre une danse issue du ‘puro’ et qui y reste malgré quelques fulgurances exotiques dans le maniement du châle. Une autre particularité elle est grande, bien plus que ses collègues. C’est elle aussi, qui a eu l’idée de ce spectacle, et qui en a fait une première version avec d’autres danseuses il y a quelques années.
Belén Maya est une danseuse magnifique, superbe lorsqu’elle dresse ou courbe son corps au son des ‘palmas’ et de la voix d’une chanteuse-ogresse.
Mais il y a Rocio Molina. J’ai eu l’occasion de la découvrir l’année dernière et j’ai été époustouflée. Et là encore je le suis.
Elle est plutôt petite, un corps totalement dessiné par les heures d’entrainement. La souplesse, la force, la grâce. Incandescente et porteuse d’un charme hors du commun. Elle mêle au flamenco des postures, des mouvements issus de la danse contemporaine. Un duo avec Belen où je reconnais du Pina Bausch. Tout en finesse et créativité. Magique.
Son solo est faramineux : robe noire avec des fils argent qui coulent telle une rivière en son dos. Danse extatique. Revigorant de générosité.
Donnez et vous recevrez. Elles ont reçu une ovation sans précédent.
16.11.08
Juste du jazz....
Juste à côté de la maison. Alors on s’emmitoufle dans nos manteaux et on y va d’un pas pressé. Théâtre Christian Liger. Soirée jazz. Faire la queue devant trois personnages pas très polis râlant parce que l’ouvreuse leur déclare que le fait d’appartenir à une école de musique ne donne pas droit à une réduction. Incompréhension. Ils finissent par acheter leur billet au tarif plein en poussant de la voix.
Fauteuils confortables pour cette salle refaite il ya peu de temps. Rose fuchsia. Murs kaki. J’aurais choisi une teinte de rose plus soutenue, plus violine….
Première partie par des élèves du Conservatoire de Nîmes. Trio de piano, basse et batterie. ‘Petite fille’ -7 ans- est fascinée par la bassiste, une jeune femme adorable et concentrée avec un look hésitant entre garçon manqué et jeune fille en fleur. Un pianiste que j’avais déjà croisé. Jolis morceaux avec un son moderniste.
Et voilà les stars : Yaron Herman Trio. Trois grands escogriffes. Un bassiste à moitié chauve, un batteur chevelu et un pianiste à lunettes au look improbable. Ecouter et écouter encore. Je suis persuadée que Yaron Herman, prodige d’à peine 26 ans [Révélation instrumentale aux Victoires du Jazz 2008] continuera son chemin mais je dois constater qu’il n’est pas habité par le charisme sourd et sauvage d’un Tigran Hamasyan. Il vit ses morceaux presque debout, manipule le piano comme une guitare, pinçant les cordes, maltraitant parfois les sons qui deviennent presque grinçants mais j'étais bien plus étonnée par le batteur Gérald Cleaver qui devrait faire parler de lui J…
Quelques moments que j’ai trouvés vraiment enlevés, surexcitants. Un amateur, assis à côté de moi, était absolument exalté ; ce qui me fait dire que j’ai encore beaucoup à apprendre en matière de jazz.
Peu à peu....
07.09.08
Rencontres d’Arles – Promenade II
Retrouver Arles et ses photos. Pour une sombre histoire de billet acheté (validité ‘un jour’ au lieu ‘d’été’) nous n’avons fait qu’une exposition payante.
‘Les Insoumises’. Des photos utilitaires de femmes hors-normes, hors la loi pendant la période du Second Empire. C’est le catalogue ‘policier’ de ces femmes frivoles et libres qui vendaient leurs charmes et dilapidaient les fortunes. La police des mœurs établissait une fiche pour ces demi-mondaines avec des renseignements divers et parfois une photo.
C’est aussi des photos très libres, provocatrices, que ces péripatéticiennes offraient en ‘carte de visite’. La confrontation des deux styles est intéressante sinon subtile.
Ce sont de toutes petites photos, un peu jaunies mais évoquant d’une manière parfaite l’atmosphère de cette époque. La 'Belle Epoque'.
Une exposition gratuite à laquelle m’a trainée l’Homme m’a surpris.
‘La preuve en images’. Un opérateur téléphonique -SFR- offre l’occasion « d’être visibles » à de jeunes photographes. Tout ce qui est proposé est convaincant mais j’ai extrait un coup de cœur personnel : ‘Coup de Soleil’ de Benjamin Roi.
Un travail sur le corps - récurrent - et le phénomène du ‘burinage solaire’ très en vogue au sud-ouest de la France. Le côté extrême. La prise de risque de photographies faites lorsque le soleil est à son zénith accentuant les ombres. Vraiment époustouflant.
Arles, à bientôt.....
18.08.08
Rencontres d’Arles – Promenade I
Journée à Arles. Non on ne dit pas ‘en Arles’ sauf à être parisien et snob, ce qui n’est pas mon cas. En tout cas pour la première assertion.
Les ‘Rencontres d’Arles’. Uniquement pour passionnés de photo. Prendre le ‘Pass- été’ et marcher. Courageusement !
Avant, toutes les expositions étaient ‘ramassées’ sur le centre-ville ; ce n’est plus le cas. Donc prévoir des chaussures sachant avaler des kilomètres car le plus intéressant se trouve au ‘Parc des Ateliers’. Ancien site des ateliers EDF laissé dans son jus pour l’instant et qui deviendra un lieu multiculturel d’ici quelques années. Un projet architectural est en cours qui sera le moteur de l’extension de la ville vers cette zone désaffectée.
Passer vite sur l’expo du Musée Réattu. Vraie déception. Le mélange haute couture, photos, peinture ne m’a pas convaincu. Mais j’ai approché pour la première fois des vêtements haute couture [Christian Lacroix] et pu m’apercevoir que le travail, minutieux, est tout à fait extraordinaire. On est, quand même, loin de la photo...
Prendre son temps à l’Eglise des Frères-Prêcheurs, exposition de très grands formats d’une série de Peter Lindbergh faite pour Vogue. Beauduc, lieu sauvage sis à quelques kilomètres d’Arles, mannequins exceptionnels de beauté. Magnifique et généreux.
Aller au ‘Parc des Ateliers’ et prendre le temps de fouiner : du très bon, du n’importe quoi.
On y trouve quelques pépites : Guido Mocafico, un travail sur l’illusion époustouflant, Françoise Huguier avec les appartements communautaires à St-Petersburg [tirant le meilleur parti des lieux] , Grégoire Alexandre avec des mises en scènes superbes, Jean-Christian Bourcart et ses photos de mariage rocambolesques.
Improbable de faire la totalité des expositions en une seule journée.
J’y retournerai, forcément...
20.01.08
Solo érotique
Sauvage, abrupt. Voilà les mots pour ce spectacle. Le livre qui m’a fait basculer dans l’univers de la lecture adulte et qui n’était pas une commande à lecture de l’enseignement public fut ' Le ravissement de Lol V. Stein’ ; ceci, pour évoquer le fait que j’ai une tendresse très particulière pour Marguerite Duras et que j’ai sauté sur l’occasion d’aller voir ‘L’homme assis dans le couloir’. Je pensais avoir à faire à une pièce de théâtre ce fut de la danse ; et quel spectacle !
Elle - Sarah Crépin - débarque de l’arrière du théâtre, marchant à grandes enjambées; et s’assoit sur le fauteuil, seul élément physique du décor avec trois rideaux blancs transparents ; et la lumière violente, blanche. C’est une femme qui, seule, se détend, se déshabille …et le texte commence à être murmuré, dit. Elle réagit aux mots ; la situation n’est pas évoquée, mais mise là, en mots, pour nous, et c’est très sensuel, érotique même….
Ce court récit de Duras évoque un homme, une femme – amants, mari et femme ? – qui s’aperçoivent dans la chaleur de l’été, l’un dedans l’autre dehors et qui s’attisent par leur présence magnétique « L’homme aurait été assis dans l’ombre du couloir face à la porte ouverte sur le dehors ».
La femme voit l’homme qui la voit. Et puis… les choses se brouillent. Ils s’approchent, se sentent, se saisissent. Une fellation car c’est à cela qu’on aboutit, c’est dit. Puis l’acte de pénétration, c’est dit aussi. Puis l’abandon du à la fatigue physique, dit. Un couple : un homme, une femme. La maison et la nature environnante, dit et murmuré. Archaïques pulsions. L’érotisme par la voix…
Sarah Crépin peut évoquer la nonchalance, le désordre, l’énergie, le relâchement ; le texte prend ‘corps’ à travers elle, il y a une part immense d’étonnement dans le regard de la spectatrice que je suis à voir ce corps ‘athlétique’ passer de la sensualité à la puissance, à la fatigue, à l’abandon. C’est un solo, long (environ 1heure) qu’elle mène de bout en bout avec une maîtrise absolue.
Le texte est dit par Jacques Dutronc (merveille de phrasé, d’hésitations) et Tal Beït-Halachmi (un accent à la C. Rampling) en voix-off.
Suffocant de beauté. Achetez et lisez…c’est ce que je vais faire.
« Un corps traversé par la chaleur et la lumière. C’est ce que j’ai ressenti à la lecture… » Razerka Ben Sadia-Lavant
18.11.07
Les Dutronc : père....et fils ?!
Voir Thomas Dutronc et les Esprits Manouches. Je me répète : je suis ‘abonnée’ et donc je sais vaguement ce que je vais voir lors des choix de programme. En juin dernier j’ai pris Thomas Dutronc mais ce n’était pour moi que le fils de Jaques et de Françoise. Je n’avais jamais vu de photo et ne savais rien de lui. Depuis, j’ai quand même compris qu’il était bôoooo (si quand même....!), qu’il faisait du jazz manouche et lu quelques articles dithyrambiques. Faut voir!….et j’ai vu ! Une soirée rare ; lui et sa bande ont fait lever le théâtre de Nîmes plein à craquer.
Une toile de fond ou plutôt un drap tendu, une caméra de poche qui projette des images en ‘live’, quelques chaises disparates, des lampions, des fleurs en plastique, des ronds verts en moquette, un vieux mange-disques, une atmosphère voulue de bric et de broc, poétique presque infantile. Le quintet joue un jazz manouche fantastiquement entraînant, mélangé à d’autres rythmes ébouriffants ; une samba, des standards des années 80 que nous reprenons en cœur mis à la sauce jazz dont un étonnant ‘J’ai encore rêvé d’elle’ (Il était une fois –Joëlle).
Quelques bons mots, quelques titres de son album dont un ‘J’aime pas Paris’ déjanté et nous avons là, devant nous, un homme de scène. Un artiste.
Une atmosphère légère, détendue et pourtant très professionnelle. Visiblement chacun d’eux est un musicien hors pair. La voix de Thomas reprend les intonations de Jacques, mais la sonorité est moins rauque, moins usée. Le flemme du père fait place à une joie communicative, on sent un vrai plaisir à établir le contact avec ‘son’ public. J’aime. Beaucoup. Enormement.
Rappels. Retour de Thomas et ses ‘esprits’ qui repartent pour une demi-heure de joyeuses retrouvailles. Noir absolu dans la salle, rappels encore ; et une procession de manouches qui descendent de la scène éclairés par des lucioles et chantent sans micro au milieu de la foule qui déjà met ses manteaux. Ebahissement. Joie. Voilà, la joie d’être là, de partager un moment d’enchantement.
Conclusion : lundi achat du CD et immanquablement je vais assommer les oreilles de tous mes amis avec ‘Vous connaissez… ?’… ;-))……
Je vais devenir une ‘fan’ aggravée…
