COCHO

Moi : ‘Ce soir on va voir Stéphane Kochoyan et ses élèves’.

Lui : ‘Ses élèves ?.....toi et tes idées à la noix !...’

Pensées de ‘Moi’ : Oh désespoir ! L’Homme va faire la gueule tout le spectacle !!!

Stéphane Kochoyan est un musicien qui a joué avec les plus grands (C. Escoudé, D. Lockwood, S. Grappelli) et continue à se produire un peu partout, en vrai artiste saltimbanque. Il compose et est, aussi, directeur artistique de festivals.

Je veux voir le musicien, le pianiste talentueux dont j’ai entendu parler depuis quelques années. L’occasion m’est offerte cette saison car le théâtre de Nîmes l’invite à se produire en ‘résident’ et on devine que probablement une collaboration plus longue est en train de mûrir.

Stéphane a fait partie de ses études musicales au Conservatoire de Nîmes et ses liens avec la ville de son adolescence sont multiples.

On arrive à la salle, petite, basse de plafond. L’Odéon est un ancien cinéma transformé en salle de spectacle divers et variés. Troisième rang, de côté. Très proche de la scène. Brouhaha. Salle comble et impatiente. Stéphane entre avec ses élèves. Une ribambelle de jeunes musiciens dont le plus jeune est le trompettiste -19 ans. Ils commencent à jouer et là on a devant nous l’énergie. L’énergie du jeu. Le plaisir du jeu.

Lui : ‘Ce sont des élèves ?!....’
Moi : ‘Bé oui…’
Lui : ‘On ne dirait pas !’

Pensées de ‘Moi’ : ‘L’Homme aime ! Niarkkkk !!!’

C’est fort, ça vibre. Il y a une connivence évidente entre eux ; on sent la fierté de Stéphane Kochoyan à les mettre en valeur ; à leur offrir leur ‘moment’. On voit ce ‘monsieur’ qui a joué dans le monde entier raconter des anecdotes sur chacun d’eux, les cajoler d’une tendresse et d’une complicité rare. Il joue peu en ‘solo’ et lorsqu’il le fait c’est émouvant. On sent qu’il ne souhaite pas se mettre dans la lumière mais qu’il est là pour « l’ensemble » qu’il forme avec eux, avec ceux avec lesquels il a choisi de partager le plaisir du son, des sons du jazz.
Ils furent ses élèves, ils sont encore étudiants, mais tous ont en particulier la petite flamme du ‘génie’. Une particularité : le batteur est une femme (jeune femme…) d’exception, Anne Paceo. Elle joue de la batterie comme d’un orgue à sons, faisant sortir de cet instrument bruyant et presque barbare des sonorités étranges et fines puis assourdissantes et somptueuses. Un solo inoubliable.
stephane

Ce qui m’a semblé surprenant c’est que cet homme, discret dans la vie courante (bé oui, je le côtoie de temps en temps, bande de jalouses ;-)) ….!!), s’anime complètement lorsqu’il est là, dans la lumière. Il bouge assis, il bouge debout....un autre ‘lui’.

On reviendra…..pour lui, ou pour eux.