Alice

"Alice ou le monde des merveilles" c’est une pièce de théâtre, ou plutôt dans ce cas ci une 'proposition artistique' d’après l’œuvre de Lewis Carroll.

L’atelier Catalyse plonge dans le monde des rêves et cauchemars d’une petite fille, au plus près de ses effrois et émerveillements, égarée dans un univers dont la logique lui échappe.

Une mise en scène merveilleuse de poésie ; une porte à 'ouvertures multiples', un rideau opalescent, des chaises étranges, l’évocation réussie d’un monde parallèle et étrange.

La surprise vient des comédiens, ils sont « tous » singuliers. La singularité de l’handicap mental.

Je suis époustouflée par la maîtrise du texte de la comédienne qui joue Alice, par son jeu, son habilité à nous transposer dans le monde de L. Carroll. Les autres acteurs n’ont pas sa facilité, son charisme et malheureusement, leur élocution (hachée, lente, parfois incompréhensible) devient très vite un handicap, pour nous, les spectateurs.

De la fragilité de ‘notre attention’, à nous, ceux qu’on peut considérer comme ‘normaux’.

alice2La ‘grâce’ de ce qui est montré est gâchée par l’application studieuse que chacun doit faire pour comprendre le texte. Certains abandonnent et quittent la salle, la plupart restent, relevant le défi constant du texte.

Je ne me suis pas trop occupée du texte, abandonnant l’effort pour la simplicité de la mise en scène épurée et exquise. Juste regarder le décor et les gestes, le texte devenant presque secondaire.
Il y a toutefois une grâce particulière qui se dégageait de ce spectacle et il pose la question de l’accueil de l’handicap au sein du monde artistique. Des tentatives que certains font autour de l’impossibilité ou du contournement corporel ou intellectuel et qui me semble un chemin ardu mais riche d’expériences multiples et généreuses.


De l'autre côté du miroir....