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Une salle de spectacle dans laquelle je rentre pour la première fois (Atria-Nîmes). C’est plein à craquer, il y des gens assis par terre. Je regarde autour de moi, curieuse….

Des gens de tout âge, des barbus un peu soixante-huitards, des femmes très bourgeoisie provinciale, des personnalités incontournables de la vie nîmoise, des jeunes très jeunes au look très actuel. Et qui va-t-on voir ? Soi disant un phénomène, je suis curieuse….

Un 'petit bonhomme' rentre sur scène, chemise improbable, Tigran Hamasyan; applaudi comme une diva.

Il s’assoit à son piano. Je vois son dos. Silence.

Il débute un morceau solo et je suis envahie par la magie de ses notes, de ce son. Emotion. Et elle ne me lâchera pas jusqu’au bout de ce spectacle époustouflant d’énergie, miraculeux de partage.

Il est accompagné par une sorte « d’extra terrestre » à la batterie, Ari Hoenig, qui met le feu à la salle lors de ses solos, implacablement. Et j’assiste, étonnée, à un moment prodigieux d’électricité, un bonheur.

Il faut que je vous avoue que je n’ai aucune connaissance du « son jazz ». Pour moi jazz rime avec de vieux souvenirs d’école d’architecture. Nous faisions nos "charrettes" à l’agence du père d’une de nos collègues et celui-ci ne savait travailler qu’avec ce type de musique. Une cd thèque gigantesque dans laquelle il puisait sans arrêt pour écorner nos oreilles habituées à des rythmes autrement différents. On trouvait cela ‘vieux jeu’, de la musique pour gens d’une autre génération…loin de me douter que, finalement, je l’atteindrai cette génération !

Le jazz c’est aussi un spectacle de Dee-Dee Bridgewater dont je garde le souvenir magnétique et Manu Dibango vu il y a très longtemps (vraiment très longtemps…), en Afrique, accompagnant Myriam Makeba.

Donc, Tigran Hamasyan est celui par qui le son jazzy est revenu à moi. Tigran est né à Gyumri en Arménie le 17 juillet 1987 ; musicien, prodige au piano, il improvise rapidement des morceaux et après des études dites ‘classiques’ s’oriente vers le jazz ou il pulvérise les records se faisant attribuer de nombreux prix dont le plus prestigieux est le prix Thelonious Monk (une sorte de Nobel du jazz) décerné en 2006.

Ecoutez-le, mais surtout, surtout, allez le voir.....