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Montre Kelly de chez Hermès.
J’aime son bracelet, soudé à la peau, cuir souple noir.

Cadran doré, un peu ‘show-off’, mais j’assume.
Elle fait ce bruit particulier lorsque je la porte, ce cliquetis inimitable. Le bruit qui se reconnaît, le bruit de la ‘Kelly’….

Je l’ai depuis longtemps ; elle était à la mode, puis plus du tout, puis à nouveau ‘in’.

La loi du genre donc gardez vos ‘classiques’ ils « le valent bien ».



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Théâtre de Nîmes plein à craquer, la sonnerie et je cours vers ma place ; pas le temps de lire le programme, c’est du Philippe Découflé, donc, je viens les yeux fermés. Chorégraphe contemporain.
Comme la plupart, j’ai découvert cet artiste lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en 1992, il avait fait de ce type de spectacle indigeste un vrai moment féérique.
Il aurait pu se laisser aller à la facilité et utiliser la recette en l’usant jusqu’à la corde. Il n’en a rien été et depuis il ne cesse d’enrichir notre paysage visuel avec des spectacles étonnants.
Petit plaisir ‘people’ Christophe Salengro (le président de Groland…), l’ami de collège, le comédien danseur ( ?...) étrange et décalé que l’on retrouve à chaque fois, son ‘ombre’. Découflé a une particularité, il ‘engage’ avant tout des ‘personnalités’, autodidactes, acteurs, danseurs confirmés ou non, peu importe, car, il va se nourrir de ce qu'ils sont et de ce qu'ils créent pour mettre en forme les choses autour de lui.

Moi, je suis un paradoxe, une ombre transparente.
Je suis l’ombre du vent, invisible, mobile, filante…
Je suis la plus forte probabilité de la plus intense densité du vide
Ombres ! où êtes-vous la nuit ?
Ombres ! combien pesez-vous ?
Ombres, comment faites-vous ? Tant de douceur dans tant de noirceur ?
[Claude Ponti]

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J’assiste à une création, « Le Sombrero », mélodrame en trois actes, pièce pour 5 danseurs et 2 acteurs.
Premier temps : Il revisite sur un mode ludique les héros de notre enfance et convoque Zorro, Fred Astaire, Peter Pan, Nosferatu, Tarzan, Esher Williams et quelques autres… des ‘sombres héros’.

Ce personnage est une ‘ombre’, il vient de notre imaginaire collectif et n’a aucune réalité. Il est faux, parfois vrai, lorsqu’il s’incarne et ainsi « il » advient la rencontre fortuite entre une ombre et sa chair qui ensemble se découvrent, se touchent et dansent ensemble. Une merveille de poésie, un délire visuel, une fantasmagorie.
Deuxième temps : Une belle journée, le soleil allonge les ombres et alanguit les corps, le relief est plus marqué, le décor abstrait et splendide met en valeur la ‘supposée’ plage, variation autour de sables mouvants. Splendide.
Troisième temps : une autre dimension, la quatrième ?...le corps, la vidéo et ses illusions, un travail plus technique, moins épuré ou le comédien s’oublie face au danseur, ou l’histoire s’efface au profit du mouvement. Effets visuels hypnotiques panachés à un vrai tempo de danse. Déconcertant et époustouflant.
Clin d’œil de western-spaghetti. Fin.
On sent le travail « de compagnie », l’émotion et le plaisir d’être ensemble, de partager la matière créatrice. Découflé est l’ordonnateur, celui qui dirige et non pas celui qui impose et cela se ressent à chaque moment.
Philipe Découflé aime s’amuser et ‘moi’ avec lui.